

Vladimir Rybakov
Author

Snir Ahiel
Fact Checker
Le trading émotionnel consiste à prendre une décision de trading en fonction de ce que vous ressentez plutôt que de ce que stipule votre plan. Six émotions causent la majeure partie des dégâts : la peur, l'avidité, l'espoir, le regret, l'ennui et l'euphorie. Chacune produit un comportement reconnaissable et une tendance dans le journal de trading, et chacune est neutralisée par une règle spécifique, la seule forme de contrôle fiable.
Chaque trader connaît le conseil consistant à garder ses émotions à l'écart du trading, et chaque trader sait que cela ne fonctionne pas, car les émotions se manifestent, qu'elles soient invitées ou non. Une perte déclenche une réaction physique avant même que le trader n'ait fini de lire le chiffre. Une série de gains en produit une différente. La recherche sur les traders professionnels a mesuré les deux et a constaté que même les personnes expérimentées les présentent. En tant que prop trading firm, nous constatons les résultats dans les données d'évaluation : les comptes qui échouent échouent rarement à cause de la stratégie. Ils échouent sur une séquence de décisions qui avaient chacune un sens émotionnel à ce moment-là.
Cette page est le pilier de la dimension émotionnelle dans la psychologie du trading. Elle explique ce qu'est le trading émotionnel, nomme les six émotions qui importent, montre ce que chacune fait faire à un trader et à quoi elle ressemble dans un journal de trading, explique comment le cadre d'un compte financé (funded account) change la donne, et expose les règles qui rendent chaque émotion sans incidence sur le résultat. Les comportements que les émotions produisent — le revenge trading, le surtrading (overtrading) et le FOMO — ont chacun leur propre page ; celle-ci explique ce qui les motive. Elle s'inscrit dans le cadre décrit par notre guide sur l'état d'esprit du funded trader.
Le trading émotionnel désigne toute décision de trading dictée par le sentiment du trader sur le moment plutôt que par une règle prédéfinie : entrer en position parce qu'un mouvement est stimulant, sortir parce qu'un drawdown est inconfortable, augmenter la taille de position parce qu'une perte est douloureuse, maintenir la position parce que la clôturer confirmerait une erreur. Le problème réside dans la décision qu'on laisse l'émotion prendre, jamais dans l'émotion elle-même.
La définition a son importance car la version populaire, « trader avec ses émotions », décrit quelque chose qui ne peut être évité. Ressentir de la peur pendant un drawdown, c'est simplement être un être humain avec de l'argent en jeu, rien de plus. Clôturer la position à cause de la peur, alors que le plan prévoyait de la maintenir, c'est du trading émotionnel. La frontière se situe entre le sentiment et la décision.
Cette frontière est également l'endroit où se trouve la solution. Aucune règle ne peut empêcher un trader de ressentir de l'avidité après quatre gains consécutifs. Une règle peut empêcher l'avidité d'influer sur la taille de la position, en fixant cette taille à l'avance. Tout le contenu de cette page découle de cela : les émotions sont une donnée, les décisions se conçoivent, et cette conception est ce qui sépare le trader qui ressent la peur de celui qui agit sous son emprise.
Il existe une base physique à cela. Lo et Repin (2002) ont mesuré les réponses physiologiques de traders professionnels lors de sessions en direct et ont constaté des réactions significatives — au niveau du rythme cardiaque, de la conductance cutanée et d'autres marqueurs — face aux événements de marché, tant chez les traders expérimentés que chez les débutants. Une étude de suivi menée par Lo, Repin et Steenbarger (2005) a révélé que les traders ayant des réactions émotionnelles plus fortes aux gains et aux pertes avaient tendance à afficher des performances inférieures. Les émotions sont réelles et mesurables. La différence de performance dépend de ce que le trader en fait.
Six émotions sont à l'origine de la plupart des décisions de trading émotionnel : la peur, l'avidité, l'espoir, le regret, l'ennui et l'euphorie. La peur et l'avidité forment le duo célèbre ; l'espoir maintient les positions perdantes ouvertes, le regret pousse à courir après le cours, l'ennui fabrique des trades lors des journées calmes, et l'euphorie après une série de gains assouplit toutes les règles à la fois. La colère, la septième, produit le revenge trading et dispose de sa propre page.

Le folklore du trading réduit cette liste à la peur et à l'avidité. C'est trop restreint pour être utile, car cela omet les émotions qui causent des dégâts silencieux. Les six ci-dessous sont celles qui apparaissent de manière répétée dans les journaux de trading et dans la recherche comportementale, et chacune est traitée tour à tour dans la section suivante.
| Émotion | Ce qu'elle pousse le trader à faire | À quoi elle ressemble dans le journal de trading | Le comportement qu'elle alimente |
|---|---|---|---|
| Peur | Couper les gains trop tôt, ignorer les configurations valides, sous-dimensionner, hésiter à l'entrée | Gains clôturés bien avant l'objectif ; configurations repérées mais non prises ; gain moyen bien inférieur à la perte moyenne | Sous-trading, hésitation |
| Avidité | Garder au-delà de l'objectif, augmenter la taille après des gains, renforcer tardivement des positions gagnantes, élargir les objectifs | Objectifs repoussés plus loin ; taille augmentant avec la courbe de capital ; gains restitués au marché | Surdimensionnement, surtrading |
| Espoir | Conserver les pertes au-delà du stop, élargir les stops, « laisser respirer » | Pertes supérieures à une unité de risque ; stops éloignés du prix | Effet de disposition, réinvestissement à la baisse (doubler la mise) |
| Regret | Courir après un mouvement manqué, réintégrer un trade clôturé, remettre en question les sorties | Entrées tardives après de grandes bougies ; même actif repris quelques minutes après une clôture | FOMO, revenge trading |
| Ennui | Trader des marchés calmes, prendre des configurations de second choix (setups B), trader des actifs hors liste | Trades les jours de faible volatilité ; actifs absents de la liste de surveillance ; justifications manquantes dans le journal | Surtrading |
| Euphorie | Abandonner le plan après une série de gains, surdimensionner, surtrader, cesser de tenir le journal | Taille et fréquence en hausse après une série gagnante ; les écarts se concentrent sur les meilleures semaines | Excès de confiance, surtrading |
Ce tableau résume la page en un coup d'œil. La colonne de droite explique la raison d'être de cette page : chaque émotion est le moteur d'un comportement qui fait l'objet d'un guide dédié, et le comportement ne peut être corrigé sans reconnaître l'émotion sous-jacente.
La peur réduit la taille des trades et fait manquer des configurations ; l'avidité étire les objectifs et la taille ; l'espoir maintient les positions perdantes ouvertes ; le regret engendre des poursuites de cours et des réentrées impulsives ; l'ennui remplit les sessions calmes de trades qui n'étaient jamais prévus ; l'euphorie, la plus dangereuse, survient après le succès et désactive les règles lorsque le compte est au plus haut. Chacune a sa signature dans le journal et se résout par une règle spécifique.
La peur. Mark Douglas a identifié quatre peurs en trading : avoir tort, perdre de l'argent, rater une opportunité et laisser des gains sur la table. En pratique, la peur se manifeste par un trader qui coupe ses gains à mi-chemin de l'objectif de peur que le profit ne s'évapore, qui regarde une configuration valide se former sans cliquer, ou qui trade avec une taille si petite que même un mois parfait ne peut faire progresser le compte. Dans le journal, la peur se traduit par un gain moyen bien inférieur à ce que permettait la stratégie, et une liste de configurations notées mais non exploitées. La solution est mécanique : l'objectif est placé dès l'ordre et n'est plus touché, et la taille est fixée par le plan, de sorte que le trader craintif n'ait rien à décider sur le moment. La peur de rater une opportunité (FOMO) est une catégorie à part entière et fait l'objet de la page consacrée au FOMO.
La cupidité. La cupidité est le miroir de la peur : au lieu de prendre trop peu, le trader veut plus que ce que le plan autorise. L'objectif est éloigné à mesure que le prix s'en approche. La taille de position est augmentée parce que les trois derniers trades ont été gagnants. Une seconde position est ajoutée à un trade gagnant qui est déjà bien engagé. Dans le journal, la cupidité se traduit par des objectifs qui ont dérivé, une taille qui a augmenté avec la courbe de gains, et des profits qui étaient plus importants sur le papier qu'à la clôture. Le remède est le même que pour la peur, appliqué de l'autre côté : un objectif qui n'est jamais éloigné, et une taille qui ne change pas en fonction des résultats récents.
L'espoir. L'espoir est l'émotion qui maintient ouvertes les positions perdantes. Le stop approche, clôturer rendrait la perte réelle, et le trader « lui donne de l'espace » en déplaçant le stop, ou simplement n'agit pas. L'espoir explique pourquoi les pertes dans un journal de trading atteignent une unité et demie ou deux unités de risque alors que le plan en prévoyait une. C'est le versant affectif de l'effet de disposition, cette tendance à conserver les pertes et à vendre les gains, et il se corrige par une règle qui n'admet aucune exception : le stop est placé au moment de l'ordre et n'est jamais élargi. Notre guide pour savoir comment réduire le drawdown détaille ce qu'un stop non élargi protège.
Le regret. Le regret survient après coup et dicte la décision suivante. Un mouvement a été manqué, alors le trader se met à le poursuivre. Une position a été clôturée au stop puis s'est inversée, alors le trader réintègre le marché sans setup. Dans le journal, le regret se traduit par des entrées tardives après de grandes bougies et des instruments réintégrés quelques minutes après une perte. C'est le moteur à la fois du FOMO et du revenge trading, raison pour laquelle ces deux comportements apparaissent si souvent ensemble. Le remède est une règle concernant le passé : un trade clôturé est clôturé, un trade manqué est manqué, et la prochaine entrée doit répondre à ses propres critères de qualification.
L'ennui. L'ennui est l'émotion contre laquelle personne ne met en garde les traders, et pourtant l'une des plus coûteuses. Une séance calme n'offre rien qui corresponde au plan, et le trader, devant son écran sans rien à faire, abaisse ses critères jusqu'à ce que quelque chose convienne. Dans le journal, l'ennui se traduit par des trades lors de journées à faible volatilité, sur des instruments qui ne figuraient pas sur la watchlist, avec des justifications minimes ou absentes dans le journal. C'est le principal facteur d'overtrading chez les traders qui ne sont pas émotifs par ailleurs. Le remède consiste en une watchlist fixe, une étape de sélection stricte de la qualité des setups et, en toute franchise, la permission de fermer la plateforme lors d'une journée qui n'offre rien.
L'euphorie. L'euphorie est la plus dangereuse des six car elle survient après le succès, lorsque le compte est au plus haut et que la confiance du trader est à son comble. Après une semaine gagnante, les règles semblent être de simples stabilisateurs pour débutants. La taille augmente, la fréquence augmente, le journal est ignoré parce que les résultats parlent d'eux-mêmes. Dans le journal, l'euphorie se traduit par des écarts qui se concentrent sur les meilleures semaines, et un drawdown qui commence depuis un sommet de capital. C'est l'état affectif à travers lequel opère le biais d'excès de confiance, et elle se corrige par une règle à laquelle la plupart des traders résistent : un seuil de profit quotidien et hebdomadaire, ainsi qu'une taille de position recalculée à partir du plan chaque matin plutôt qu'en fonction du ressenti de la semaine.
Le schéma est identique pour ces six émotions. L'émotion est normale, elle engendre une décision précise, cette décision laisse une trace précise, et une règle précise retire cette décision des mains du trader. C'est ce que signifie le contrôle en trading : l'absence de décision laissée au ressenti.
Sur un compte financé, les émotions sont les mêmes et les enjeux sont plus élevés. Une perte maximale fixe fait de chaque drawdown un compte à rebours, amplifiant la peur et l'espoir ; un objectif et un versement rendent la cupidité et l'euphorie tentantes. Pipcy élimine trois pressions imposées par d'autres sociétés : une limite quotidienne, une limite de temps et une règle stricte de jours minimums élevés, laissant la discipline entre les mains du trader.
Un compte personnel a un solde. Un compte financé a un solde, une perte maximale, un objectif de profit et un calendrier de versement, et chacun de ces éléments constitue un point d'ancrage pour une émotion.
La peur et l'espoir s'intensifient face à la limite de perte. Une perte maximale statique de 12 % est généreuse selon les normes de l'industrie, mais il s'agit d'un chiffre, et un trader en drawdown surveille la distance qui le sépare de ce chiffre. Cela rend la peur plus susceptible de couper les gains prématurément (pour protéger ce qu'il reste) et l'espoir plus susceptible d'élargir un stop (pour ne pas griller le budget sur ce trade précis). Ce sont les mêmes émotions que sur un compte personnel, assorties d'une échéance. Le remède est également le même : le stop et l'objectif sont placés lors de l'ordre, et le rôle du trader est de ne pas y toucher. Notre guide comparant le drawdown quotidien vs maximal explique pourquoi le maximum statique, sans limite quotidienne, donne au trader la marge nécessaire pour se tromper sans être clôturé d'office.
La cupidité et l'euphorie s'intensifient face à l'objectif. Un objectif de profit est une ligne d'arrivée, et un trader qui en est proche ressent l'envie d'augmenter sa taille pour en finir. Un trader qui vient de réussir et approche de son premier versement ressent la même envie dans la direction opposée : protéger le versement en tradant de manière dérisoire ou en ne tradant pas du tout. Les deux sont des décisions émotionnelles contraires au plan, provoquées par la structure du compte.
Trois pressions que Pipcy ne crée pas. Une limite de perte quotidienne transforme une séance volatile en une source de peur tout au long de la journée. Une limite de temps transforme chaque setup de la dernière semaine en un événement d'extrême rareté. Une règle imposant un nombre élevé de jours de trading minimum pousse les traders à fabriquer de l'activité pour remplir le calendrier, ce qui équivaut à de l'ennui avec une date butoir. Pipcy n'impose aucun drawdown quotidien, aucune limite de temps et un minimum de 3 jours sur chaque formule, de sorte qu'aucune de ces pressions n'existe ici. C'est une aide structurelle pour la gestion des émotions, et cela vaut la peine d'en être conscient. Cela ne remplace pas les règles, car la peur, la cupidité, l'espoir, le regret, l'ennui et l'euphorie accompagnent le trader, quel que soit le règlement de l'entreprise.
Ce que le contexte financé ajoute. Sur un compte personnel, une mauvaise journée sur le plan émotionnel coûte de l'argent. Sur un compte financé, elle peut également coûter l'évaluation, et l'émotion qui s'ensuit relève d'un septième type, mieux maîtrisé par une règle décidée à l'avance : ce que vous ferez la semaine suivant un échec à l'évaluation, avant même qu'il ne se produise. Sur le forex en particulier, où la plupart des comptes de Pipcy opèrent et où les ouvertures de session et les annonces économiques produisent les pics émotionnels les plus intenses, le plan pour les mauvais jours compte tout autant que le plan pour les bons.
On ne contrôle pas ses émotions en trading en cherchant à moins ressentir. On les contrôle en concevant les décisions de manière à ce que l'émotion n'ait aucun levier sur lequel agir : une taille fixe, un stop et un objectif placés dès l'ordre et jamais déplacés, une watchlist écrite avec des critères d'entrée précis, des stops de perte et de gain quotidiens, une fenêtre de récupération après des pertes, et un journal qui consigne l'émotion.

Chaque règle ci-dessous soustrait une décision à l'instant présent pour la confier au plan. Les émotions continuent de se manifester. Mais elles arrivent sans rien trouver à diriger.
1. Fixez la taille de position avant la session. La taille de position est calculée à partir du pourcentage de risque défini dans le plan et de la distance du stop, chaque matin, et ne change pas en fonction du déroulement de la semaine. Cette règle unique neutralise l'avidité et l'euphorie à la hausse ainsi que la peur à la baisse, car c'est sur la taille de position que ces trois émotions tentent d'agir.
2. Placez le stop et l'objectif dès l'ordre, et ne les déplacez jamais en votre défaveur. Le stop n'est jamais élargi ; l'objectif n'est jamais éloigné davantage. Déplacer l'un ou l'autre revient à laisser l'espoir ou l'avidité prendre une décision. Déplacer le stop au seuil de rentabilité (breakeven), ou rapprocher l'objectif, est autorisé si le plan le prévoit, car ces ajustements réduisent le risque au lieu de l'augmenter.
3. Rédigez la watchlist et les critères d'entrée la veille au soir. L'ennui et le regret agissent tous deux en abaissant les exigences requises pour ce qui constitue un trade valable. Une liste écrite d'instruments et une liste écrite de conditions, toutes deux établies lorsqu'aucun marché n'est ouvert, ne peuvent pas être revues à la baisse dans le feu de l'action.
4. Définissez un stop de perte quotidienne et un stop de profit quotidien. Le stop de perte est le frein au trading dicté par la peur et la colère ; le stop de profit est le frein à l'euphorie. Sur Pipcy, le stop de perte est le seul stop quotidien existant, puisque la société n'en impose aucun ; il s'agit donc de la ligne la plus importante du plan.
5. Respectez une fenêtre de récupération après chaque perte. Quinze minutes loin de l'écran, avec un minuteur enclenché. Le regret et la colère s'atténuent tous deux avec le temps, et cette pause leur laisse le temps de se dissiper. La méthode complète est détaillée sur notre page dédiée au revenge trading.
6. Notez l'émotion ressentie à côté du trade dans votre journal. Un seul mot par trade : calme, anxieux, ennuyé, euphorique, frustré. Sur un mois, le journal met en évidence quelle émotion précède chaque écart, ce qui constitue la version personnalisée du tableau ci-dessus pour le trader. La plupart des traders découvrent qu'une ou deux émotions causent la quasi-totalité de leurs dégâts, ce qui réduit le problème à une ou deux règles.
7. Évaluez la journée sur le respect du plan. Le bilan s'établit selon que les règles ont été suivies ou non, quel que soit le profit réalisé. Une journée perdante où chaque règle a été respectée est une bonne journée. Une journée gagnante avec trois écarts est une mauvaise journée, car les écarts se répéteront alors que la chance tournera. Ce recadrage diminue la charge émotionnelle des résultats individuels plus que toute autre habitude, et constitue l'application pratique du recadrage « penser comme un trader », dont Sokol-Hessner et ses collègues (2009) ont montré qu'il réduit de manière mesurable l'aversion à la perte.
Tout cela constitue le plan de trading. Le document complet, accompagné d'un exemple concret pour un compte financé, se trouve sur notre page dédiée au plan de trading ; cette section correspond à la partie conçue pour gérer les émotions.
Non, et essayer d'y parvenir est en soi une source de trading émotionnel. Les traders qui croient qu'ils ne devraient rien ressentir considèrent chaque sentiment comme un échec, ce qui ajoute de la frustration à ce qu'ils ressentaient déjà. L'objectif atteignable est une exécution sans émotion plutôt qu'un trader sans émotions : des règles qui tranchent, afin que le sentiment n'ait aucun pouvoir décisionnel, et un journal qui l'enregistre.
« Trader sans émotions » est une recherche fréquente et une ambition courante, mais la recherche montre clairement que ce n'est pas accessible aux êtres humains. Les traders de l'étude de Lo et Repin, dont certains comptaient des décennies d'expérience, ont manifesté des réactions physiologiques mesurables face aux événements de marché. Ce qui distinguait les traders les plus performants dans l'étude de suivi était une réaction d'intensité moindre et, surtout, un impact plus faible de cette réaction sur la prise de décision, plutôt qu'une quelconque absence d'émotion.
Cela indique la bonne direction à suivre. Le trading sans émotion est la caractéristique d'un processus plutôt qu'un état d'esprit. Un trader dont la taille de position, le stop, l'objectif, la watchlist et les limites quotidiennes sont tous décidés à l'avance peut ressentir tout ce qui figure dans le tableau ci-dessus et continuer d'exécuter son plan, car aucun de ces sentiments n'a plus la moindre décision à prendre. C'est ce que veulent dire les traders expérimentés lorsqu'ils affirment être devenus « insensibles ». Ils ressentent toujours des émotions ; ils ont simplement cessé de les laisser trader à leur place.
Il existe une autre raison d'abandonner l'ambition de trader sans émotions. Certains signaux émotionnels sont porteurs d'informations. La sensation nette qu'un trade est mauvais, chez un trader cumulant des années d'expérience devant les écrans, relève parfois d'une reconnaissance de formes qui se manifeste plus vite que l'analyse rationnelle. Le plan ne doit pas en tenir compte sur le moment, mais le journal doit la consigner ; et si le journal montre que ce pressentiment s'est avéré juste plus souvent qu'autrement, le plan pourra être ajusté lors du prochain bilan pour intégrer ce que l'intuition avait détecté. L'émotion est une donnée ; le plan est la décision.
Le trading émotionnel consiste à prendre une décision de trading en fonction de ce que l'on ressent plutôt que de ce que stipule le plan : entrer en position parce qu'un mouvement est excitant, sortir parce qu'un drawdown est inconfortable, augmenter la taille parce qu'une perte est douloureuse, ou maintenir une position parce que la clôturer confirmerait une erreur. L'émotion est normale ; la décision qu'on lui laisse prendre est le véritable problème.
Six émotions sont à l'origine de la majeure partie du trading émotionnel : la peur, l'avidité, l'espoir, le regret, l'ennui et l'euphorie. La peur réduit la taille des trades et fait ignorer des opportunités valables, l'avidité repousse les objectifs et augmente la taille de position, l'espoir maintient les positions perdantes ouvertes, le regret pousse à courir après le marché et à réentrer précipitamment, l'ennui remplit les sessions calmes de trades non planifiés, et l'euphorie désactive les règles après une série de gains. La colère, une septième émotion, alimente le revenge trading.
Chaque émotion détourne une décision précise du plan initial. La peur coupe les gains trop tôt et fait rater des configurations ; l'avidité éloigne les objectifs et augmente la taille ; l'espoir élargit les stops ; le regret engendre des entrées tardives et des réentrées compulsives ; l'ennui abaisse le niveau d'exigence des configurations ; l'euphorie augmente simultanément la taille et la fréquence des trades. Chacune laisse une empreinte distincte dans le journal de trading, ce qui permet au trader d'identifier les siennes.
En supprimant les décisions sur lesquelles les émotions s'exercent. Fixez la taille de position avant la session. Placez le stop et l'objectif dès l'ordre et ne les déplacez jamais en votre défaveur. Rédigez la watchlist et les critères d'entrée la veille au soir. Définissez des limites quotidiennes de perte et de gain. Prenez une pause de récupération après chaque perte. Notez l'émotion ressentie lors de chaque trade ; évaluez la journée sur le respect rigoureux du plan.
Non. Les recherches menées sur les traders professionnels révèlent des réactions physiologiques mesurables face aux événements de marché, même chez des individus possédant des décennies d'expérience. Ce qui est réalisable, c'est une exécution sans émotion : un processus dans lequel la taille, les stops, les objectifs, la watchlist et les limites quotidiennes sont tous décidés à l'avance, de sorte que, quoi que ressente le trader, aucune décision ne soit laissée à la charge de l'émotion.
La peur est plus courante et l'avidité coûte plus cher, mais l'euphorie — qui est de l'avidité après une série gagnante — est la plus dangereuse, car elle survient lorsque le compte est au plus haut et désactive toutes les règles en même temps. La peur coûte des opportunités ; l'avidité coûte des gains déjà acquis ; l'euphorie coûte le compte. Le remède à ces trois écueils : fixer la taille, le stop et l'objectif à l'avance.
Les émotions restent les mêmes ; les enjeux deviennent plus élevés. Une perte maximale fixe amplifie la peur et l'espoir, tandis qu'un objectif de profit exacerbe l'avidité et l'euphorie. Pipcy supprime trois contraintes que d'autres firmes imposent — une limite de perte quotidienne, une limite de temps et une exigence élevée de jours minimums —, mais n'impose pas de drawdown quotidien, de sorte que c'est le stop quotidien personnel du trader qui assure la discipline.
Le trading émotionnel consiste à laisser un sentiment prendre une décision que le plan avait déjà prise, plutôt que le sentiment lui-même. Six émotions causent la majeure partie des dégâts, chacune produisant un comportement spécifique avec une signature précise dans le journal de trading, et chacune étant neutralisée par une règle spécifique : taille fixe, stops et objectifs inchangés, liste de surveillance écrite, stops quotidiens dans les deux sens, fenêtre de récupération et un journal qui nomme l'émotion. Le contrôle n'est rien d'autre que l'absence de décision à prendre pour le sentiment.
Sur Pipcy Classic et Pips Mastery, le maximum statique de 12 %, le minimum de 3 jours et l'absence de limite de temps ou de drawdown quotidien éliminent plusieurs des pressions qui accentuent la peur, l'espoir et l'ennui ailleurs. Ce qui reste, c'est le trader, les six émotions que chaque trader porte en lui, et un plan qui possède ou non une règle pour chacune d'entre elles.
Rédigé par Vladimir Rybakov, responsable de la PIPCY Academy, certifié CFTe avec 19 ans d'expérience en trading.
Vérifié par Snir Ahiel, ancien cofondateur de The5ers et spécialiste de la gestion des risques chez Pipcy, avec plus de 15 ans d'expérience dans le trading du Forex, des actions et des options.
Avertissement sur les risques : le trading comporte des risques substantiels. Pipcy propose des évaluations de trading simulé à des fins éducatives et d'évaluation. Les performances simulées ne représentent pas des résultats de trading réels, et devenir un trader financé n'est pas garanti. Rien ici ne constitue un conseil financier ou d'investissement.
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